“J'ai brisé les lignes austro‑hongroises par de brefs tirs d'artillerie et de longues pelles, puis j'ai servi des Rouges en qui je n'ai jamais cru — parce que la Russie devait encore vivre.”
Je suis né à Tiflis en 1853 et formé dans la cavalerie, où j'ai vite appris que la bravade sans préparation n'est que gaspillage. J'ai mis au premier plan la reconnaissance, un travail d'état‑major soigneux et l'économie des hommes et des obus. La manœuvre n'était pas pour moi un simple défilé ; c'était une question de survie. Un régiment discret qui connaissait son terrain valait mieux qu'une division bruyante qui ne le connaissait pas.
En 1914, je commandai la 8e Armée en Galicie sur le front sud‑ouest. Nous frappâmes avec nos voisins, entrâmes à Lemberg, et pressâmes durement les Austro‑hongrois. J'interdis les assauts aveugles contre des points forts. Infanterie, artillerie et sapeurs devaient coopérer, chaque tâche définie, chaque réserve maintenue là où elle pouvait être utilisée, et non dilapidée. Même lors de la difficile retraite de 1915, nous gardâmes la cohésion et apprîmes ce qu'il fallait pour percer des lignes conçues pour des machines plutôt que pour des hommes.
En 1916, avec le front sud‑ouest sous mon commandement, je préparai un autre type d'assaut. Des sapes et des tranchées avancées rampèrent sous camouflage ; l'artillerie tira brièvement et exactement sur des objectifs préalablement relevés ; puis nous attaquâmes partout à la fois afin d'empêcher le déplacement des réserves. Loutsk tomba en quelques jours, l'Autriche‑Hongrie chancela, l'Allemagne envoya des divisions et la Roumanie entra en guerre. Le bilan fut cruel, et sans réserves suffisantes nous ne pûmes transformer le succès en décision.
Après la révolution de février, j'acceptai la charge de commandant en chef. Des ordres ne pouvaient réparer une armée détachée par la guerre et la politique ; l'offensive estivale échoua et je fus bientôt remplacé. Je refusai les Blancs. En 1920, je servis l'Armée rouge comme conseiller et inspecteur, aidant à intégrer d'anciens officiers impériaux dans ses rangs. J'ai servi la Russie telle que je la trouvais, et j'ai toujours cherché à vaincre en faisant le moins de tombes possibles.
On m'a rappelé de la retraite pour remporter Tannenberg ; plus tard, j'ai nommé Hitler, croyant pouvoir le contenir — demandez‑moi ce que j'ai mal jugé.
Commencer la conversationOn m'appelait « Black Jack » parce que j'avais servi auprès de troupes noires ; en Europe j'ai commandé une armée ségréguée et refusé de la dissoudre dans les forces alliées.
Commencer la conversationJe suis resté alors qu'on m'exhortait à embarquer, et j'ai laissé inonder des terres belges pour que le pays ne soit pas pris.
Commencer la conversationJ'ai cherché en secret la paix avec la France — et, lorsque mon empire tomba, je refusai d'abdiquer ; demandez lequel de mes serments pesait le plus.
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