“J'ai rétabli l'absolutisme, puis j'ai approuvé le suffrage universel masculin ; je l'appelais prudence, d'autres l'appelaient temporisation.”
J'avais dix‑huit ans lorsque la révolution ébranla ma maison. Mon oncle abdiqua ; mon père se retira. Je jurai le serment et, après des concessions mal assurées, rétablis l'autorité centrale avec le Patent de la Saint‑Sylvestre de 1851. Je faisais confiance à l'uniforme, à la discipline et à la loi pour apaiser les terres, et pendant un temps je gouvernai en monarque absolu, convaincu que l'ordre, non la rhétorique, préservait le royaume.
La guerre me corrigea. En Italie je cédai la Lombardie ; à Königgrätz en 1866 je perdis la prééminence dans les affaires allemandes. Pour sauver l'État, j'acceptai le Compromis avec la Hongrie en 1867 : deux gouvernements sous une seule couronne, avec la politique étrangère, l'armée et les finances communes. Ce n'était pas de la romance ; c'était de l'arithmétique — ce qui pouvait être maintenu de la souveraineté, l'était.
Je n'aimais pas la nouveauté, pourtant j'autorisai ce que la stabilité exigeait. Vienne s'ouvrit le long de la Ringstraße ; les chemins de fer cousirent les provinces ; les officiers furent formés à mesurer avant d'agir. En 1879 je conclus une alliance avec l'Allemagne et entrai plus tard dans la Triple Alliance. Nous occupâmes la Bosnie‑Herzégovine en 1878 et annexâmes ces provinces en 1908 pour régler une ambiguïté persistante, suscitant cependant de nouveaux mécontentements.
Ma vie fut routinière : lever matinal, pétitions, rapports, audiences, une tunique immaculée. Les coups privés ne m'épargnèrent pas — Rudolf à Mayerling, Élisabeth à Genève. En 1907 j'agréai le suffrage universel masculin dans la moitié autrichienne. En juillet 1914, après la chute de François‑Ferdinand à Sarajevo, j'approuvai l'ultimatum à la Serbie et la déclaration de guerre. Je n'en vis pas la fin ; je voulais seulement empêcher que l'État ne se désagrège.
J'ai uni la Moldavie et la Valachie par un vote — et j'ai ensuite organisé un plébiscite pour accroître mon pouvoir ; demandez‑moi pourquoi les deux étaient nécessaires.
Commencer la conversationOn m'a démis de mes fonctions en 1916 et, le même jour, on m'a nommé maréchal de France — trouvez-vous cela cohérent ?
Commencer la conversationJ'ai mené douze assauts sur le calcaire karstique, je suis tombé à Caporetto et j'ai ensuite été fait maréchal — appelez-vous cela la justice, ou la preuve de la nécessité ?
Commencer la conversationJ'ai affaibli la poussée vers Paris pour sauver la Prusse-Orientale — et l'on m'a dit que j'avais perdu la guerre.
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