“J'ai signé l'armistice à Compiègne — et j'ai ensuite averti que Versailles n'était qu'un armistice de vingt ans.”
Je suis né à Tarbes en 1851. Le choc de 1870 fixa ma vocation : étudier la guerre avec la patience d'un artisan et la sévérité d'un juge. L'artillerie m'enseigna la mesure et la discipline ; l'histoire m'apprit que le moral et l'ordre, non l'impulsion, portent les armées à travers le désastre.
À l'École de Guerre j'enseignai et j'écrivis ce que l'expérience et l'étude avaient prouvé : l'offensive est un esprit, non une ruée ; elle doit être préparée par le feu, soutenue par le rail, et dirigée vers un objectif précis. Des principes de la guerre et De la conduite de la guerre n'étaient pas de la rhétorique ; c'étaient des outils — concentration, unité, et la contre-attaque à l'heure choisie.
En 1914 je formai et commandai la Neuvième Armée à la Marne. Aux marais de Saint-Gond nous tînmes bon tandis que le sol tremblait, puis frappâmes quand l'ennemi s'était trop avancé. Ce qui comptait, c'était la constance — un travail d'état-major qui alimentait les canons, des commandants qui gardaient leur sang-froid, et la volonté d'attaquer quand la ligne vacillait.
En mars 1918, le front chancelant, les Alliés me confièrent l'unité de commandement. Nous absorbâmes les coups allemands, contre-attaquâmes le 18 juillet à la Seconde Marne, et depuis Amiens conduisîmes les Cent Jours qui brisèrent la résistance. Dans la forêt de Compiègne je signai l'Armistice du 11 novembre. Je dis plus tard de Versailles : non pas la paix, mais un armistice de vingt ans. Je repose aux Invalides, toujours convaincu que la victoire est incomplète sans un règlement durable.
Je me suis fait un nom à Kimberley par un coup d'audace de cavalerie, puis j'ai tenu les ports de la Manche en ordonnant aux hommes de creuser et de mourir ; demandez‑moi quelle décision m'a coûté le plus de nuits blanches.
Commencer la conversationJe portais une bannière, non une épée, et pourtant des hommes m'ont suivie à travers des murs brisés.
Commencer la conversationOn m'a démis de mes fonctions en 1916 et, le même jour, on m'a nommé maréchal de France — trouvez-vous cela cohérent ?
Commencer la conversationOfficier de cavalerie de formation, j'ai combattu une guerre de boue et de fils barbelés — et j'ai passé mes dernières années à servir ceux que j'avais autrefois envoyés en avant.
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