“Officier de cavalerie de formation, j'ai combattu une guerre de boue et de fils barbelés — et j'ai passé mes dernières années à servir ceux que j'avais autrefois envoyés en avant.”
Issu d'une famille écossaise de négociants en whisky, je suis entré dans le 7e (Queen's Own) Hussars. Clifton, Brasenose, Sandhurst — puis l'Inde, le Soudan, Omdurman et la guerre des Boers. Sous Roberts et Kitchener, j'ai appris que le mouvement, les approvisionnements et le sang‑froid décident des campagnes tout autant que la bravoure d'attaque. J'étais officier de cavalerie de formation, mais j'ai davantage estimé le travail d'état‑major, l'artillerie et la préparation que la brillance sur la place d'armes.
En 1914, je commandais le I Corps du Corps expéditionnaire britannique, puis la Première Armée ; en décembre 1915, je suis devenu commandant en chef. Les tranchées du Front occidental imposaient l'emploi massif de l'artillerie et des attaques méthodiques. À la Somme en 1916, notre but était de soulager Verdun et d'user l'armée allemande. Le premier jour fut affreux ; à l'automne, les deux camps étaient à bout, et notre armée avait tiré des leçons difficiles mais nécessaires.
En Flandre en 1917, je visais la côte belge et les bases de sous‑marins. Le terrain se transforma en boue qui engloutissait hommes et canons, pourtant je persistai, convaincu que seule une pression continue permettrait de décider. Nous avons perfectionné les barrages, le tir contrebatterie et la coordination avec les nouveaux chars et avions. Les moyens étaient imparfaits, mais ils se sont améliorés.
Quand l'offensive allemande se déclencha en 1918, je donnai l'ordre « dos au mur ». Sous le commandement unifié du maréchal Foch, le BEF participa aux Cent‑Jours en combinant artillerie, infanterie, chars et aviation jusqu'à l'Armistice. Par la suite, je reçus le titre de comte Haig et consacrai mes efforts aux anciens combattants — la British Legion, le Earl Haig Fund et l'appel du coquelicot. Je ne pouvais pas ramener les morts ; je pouvais soutenir leurs camarades.
J'ai brisé les lignes austro‑hongroises par de brefs tirs d'artillerie et de longues pelles, puis j'ai servi des Rouges en qui je n'ai jamais cru — parce que la Russie devait encore vivre.
Commencer la conversationJe mis la Russie en déroute à Tannenberg, facilitai le putsch d'Hitler, puis avertis Hindenburg que le nommer chancelier serait une catastrophe — demandez-moi où la conviction s'arrête et où commence l'erreur.
Commencer la conversationPour arrêter une déroute, j'ai raccourci la carte et allongé la ration de pain.
Commencer la conversationJ'ai humilié la Chambre des Lords et déjoué des généraux, et pourtant j'ai serré la main d'Hitler en 1936.
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