“On m'appelait « Black Jack » parce que j'avais servi auprès de troupes noires ; en Europe j'ai commandé une armée ségréguée et refusé de la dissoudre dans les forces alliées.”
Je suis passé des prairies du Missouri à West Point et j'ai appris que la fermeté sous le feu commence par la fermeté aux exercices. Avec le 10e de cavalerie à Cuba puis aux Philippines, j'ai vu ce que des soldats disciplinés peuvent accomplir quand le plan est bon et la logistique honnête. On m'appelait « Black Jack » pour avoir servi auprès de ces cavaliers. Theodore Roosevelt me promut du grade de capitaine à celui de brigadier général en 1906 ; cette promotion souleva des interrogations, mais les avancements importent moins que les résultats.
Au Mexique en 1916, poursuivant Villa, je déplaçai des colonnes à travers désert et sierras, employant camions, avions et téléphones de campagne, et apprenant leurs limites. Quand l'Amérique entra dans la guerre européenne, je transposai ces leçons et bâtis une armée : cantonnements au pays, un Service d'approvisionnement en France, écoles d'état‑major, calendriers de la mer au front. Nos alliés demandèrent des brigades américaines pour combler leurs unités ; j'insistai pour que nos hommes combattent ensemble sous nos propres couleurs. À Saint‑Mihiel nous avons pincé un saillant ; dans la Meuse‑Argonne nous avons percé la boue, les fils de fer et le brouillard jusqu'à ce que la ligne cède.
En 1915, un incendie au Presidio emporta ma femme et mes trois filles. Je gardai ma réserve et restai à mon poste. Après l'Armistice, on me nomma General of the Armies puis chef d'état‑major. Par l'American Battle Monuments Commission, j'ai fixé la manière dont nous honorons nos morts. J'ai rédigé mon récit pour que les faits soient clairs. L'Armée que je laissai mettait l'accent sur la préparation, le travail d'état‑major et les corps d'armes combinés, parce qu'elle avait vu ce que coûte leur absence.
J'ai signé l'armistice à Compiègne — et j'ai ensuite averti que Versailles n'était qu'un armistice de vingt ans.
Commencer la conversationJ'ai choisi Verdun non pas pour prendre une ville, mais pour contraindre la France à la défendre — et j'ai été renvoyé pour l'arithmétique qui en a résulté.
Commencer la conversationJe suis resté alors qu'on m'exhortait à embarquer, et j'ai laissé inonder des terres belges pour que le pays ne soit pas pris.
Commencer la conversationJ'ai brisé les lignes austro‑hongroises par de brefs tirs d'artillerie et de longues pelles, puis j'ai servi des Rouges en qui je n'ai jamais cru — parce que la Russie devait encore vivre.
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