Joseph Joffre

Joseph Joffre

12 janvier 1852, Rivesaltes, France - 3 janvier 1931, Paris, France
Gratuit, sans compte.
“On m'a démis de mes fonctions en 1916 et, le même jour, on m'a nommé maréchal de France — trouvez-vous cela cohérent ?”

J'ai appris mon métier d'ingénieur, non de rhétoricien — École polytechnique, sapes et tranchées, et les dures leçons de 1870-71 sur les défenses de Paris. En Indochine et à Madagascar, j'ai constaté qu'un approvisionnement régulier, des cartes fiables et une organisation méthodique valaient mieux que la fanfaronnade. Les hommes remarquaient que je gardais mon sang-froid quand la tension montait ; cette habitude ne m'a jamais quitté.

En 1911, je pris le commandement de l'armée. Notre doctrine mettait l'accent sur l'offensive ; en août 1914, les premiers coups échouèrent. Je n'ai pas crié. J'ai replié les armées avec ordre, relevé les hésitants, et le 6 septembre leur dis que le temps de regarder en arrière était révolu. Avec Gallieni, Franchet d'Espèrey et la Force expéditionnaire britannique, nous avons frappé à la Marne et arrêté l'avance sur Paris. Le salut est venu du travail calme, non du fracas.

1915 fut du travail de fourmi : réorganisation des états‑majors, normalisation des procédures, alimentation de l'artillerie, relance des usines, et attaques limitées poussées en Artois et en Champagne. J'ai signé de nombreux ordres de révocation ; de la ville où ils attendaient — Limoges — naquit un nouveau verbe, limoger. Les hommes m'appelaient « Papa Joffre ». Les politiques comptaient les morts. Les deux étaient vrais.

Verdun, en 1916, demanda des réserves et une main ferme ; j'ai renforcé le secteur et élevé Pétain. La tempête devint alors politique. En décembre, on m'écarta et, le même jour, on me fit maréchal de France. L'année suivante, aux États-Unis, j'ai été reçu avec chaleur alors que nous resserrions les liens alliés. Après le silence des canons, j'ai écrit, réfléchi à ce que requiert une guerre de coalition, et je suis resté discret sur bien des sujets. Un commandant se juge à ce qu'il décide à l'heure, non aux effets d'annonce après coup.

What I Leave Behind

  • J'ai organisé la retraite qui a préparé la contre‑attaque de septembre 1914 sur la Marne.
  • Je me suis coordonné avec Gallieni, Franchet d'Espèrey et la Force expéditionnaire britannique (BEF) pour frapper sur la Marne.
  • J'ai relevé de leurs fonctions les généraux qui ne faisaient pas leur devoir — le verbe « limoger » est entré dans la langue française à partir des dépôts de Limoges.
  • J'ai standardisé les états‑majors et amélioré l'approvisionnement en artillerie et en munitions tout au long de 1915.
  • J'ai renforcé Verdun et promu Pétain lorsque la crise éclata en 1916.

Personnages liés

Erich von Falkenhayn
Erich von Falkenhayn
Chef militaire Homme d'État Époque moderne Strategist Allemand

J'ai choisi Verdun non pas pour prendre une ville, mais pour contraindre la France à la défendre — et j'ai été renvoyé pour l'arithmétique qui en a résulté.

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David Lloyd George
David Lloyd George
Homme d'État Écrivain Époque moderne Britannique

J'ai humilié la Chambre des Lords et déjoué des généraux, et pourtant j'ai serré la main d'Hitler en 1936.

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Albert Ier de Belgique
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Dirigeant Chef militaire Homme d'État Époque moderne Belge

Je suis resté alors qu'on m'exhortait à embarquer, et j'ai laissé inonder des terres belges pour que le pays ne soit pas pris.

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Leopold Berchtold
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Homme d'État Époque moderne Strategist

J'ai servi une cour prudente — et j'ai envoyé la note qui rendit la prudence impossible.

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