Charles Ier d'Autriche (Karl Franz Joseph Ludwig Hubert Georg Otto Maria von Habsburg-Lothringen)

Charles Ier d'Autriche (Karl Franz Joseph Ludwig Hubert Georg Otto Maria von Habsburg-Lothringen)

17 août 1887, Persenbeug, Autriche-Hongrie - 1er avril 1922, Funchal, Madère, Portugal

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Dirigeant Chef militaire Homme d'État Époque moderne

Charles Ier d'Autriche (également roi Charles IV de Hongrie) est né dans la Maison de Habsbourg-Lorraine en 1887 et monta sur le trône de manière inattendue à la fin de 1916 après la mort de son grand-oncle, l'empereur François-Joseph Ier. Marié à Zita de Bourbon-Parme et père de huit enfants, Charles associa un fort sens du devoir chrétien à une modestie personnelle rare chez les souverains en temps de guerre.

Héritier d'une monarchie mise à rude épreuve par la Première Guerre mondiale, Charles eut pour priorité la paix. En 1917 il poursuivit la Initiative Sixtus — des négociations secrètes menées par l'intermédiaire de son beau-frère, le prince Sixtus de Bourbon-Parme — offrant des concessions pour tenter de mettre fin au conflit. Toutefois, les pressions de l'alliance avec l'Allemagne et l'affirmation croissante des mouvements nationaux au sein de l'empire limitaient sa marge de manœuvre.

À l'intérieur du pays, Charles s'efforça d'atténuer les souffrances causées par la guerre : il visita les lignes de front et les hôpitaux, plaida pour le bien-être des soldats et soutint les secours en faveur des veuves et des orphelins. Cherchant à rééquilibrer la structure interne de l'empire, il publia la Proclamation du 16 octobre 1918 pour fédéraliser la moitié autrichienne de la monarchie — une tentative ambitieuse d'accorder plus d'autonomie à ses nombreux peuples à la veille de la dissolution de l'État.

À l'approche de la défaite, Charles refusa d'abdiquer par principe mais renonça à participer aux affaires de l'État en novembre 1918, d'abord en Autriche puis en Hongrie. Il vécut en exil — brièvement en Suisse — et tenta à deux reprises des restaurations non violentes sur le trône hongrois en 1921, qui échouèrent toutes deux. À la demande des Britanniques, il fut ensuite transféré à Madère, où il connut la pauvreté et la maladie.

Charles mourut de pneumonie à Funchal en 1922, à l'âge de 34 ans. Souvent rappelé comme un souverain consciencieux et compatissant, il fut béatifié par le pape Jean-Paul II en 2004 pour ses vertus chrétiennes et sa recherche sincère — bien que frustrée — d'une paix juste. Son héritage est celui d'un monarque qui privilégia la réconciliation à la conquête et le souci social au prestige.

Ce que je laisse

  • Une tentative de bonne foi pour mettre fin à la Première Guerre mondiale par l'Initiative Sixtus (1917).
  • Une vision pour fédéraliser l'empire et reconnaître les droits nationaux (Proclamation du 16 octobre 1918).
  • Un modèle de royauté chrétienne marqué par l'austérité personnelle, le souci des soldats et des pauvres, et la dévotion à la famille.
  • Un exemple moral durable reconnu par sa béatification en 2004.