“On m'a rappelé de la retraite pour remporter Tannenberg ; plus tard, j'ai nommé Hitler, croyant pouvoir le contenir — demandez‑moi ce que j'ai mal jugé.”
J'étais officier prussien avant toute chose. J'ai appris mon métier lors des guerres de 1866 et de 1870–71, et j'ai passé des décennies à des tables d'état‑major et dans des régiments, attaché à l'ordre, au devoir et à l'économie des moyens. En 1911, je pris ma retraite en tant que général, estimant mon service accompli.
La guerre me retrouva en août 1914. Mis à la tête de la 8e armée en Prusse‑orientale, avec Ludendorff à mes côtés et les travaux cartographiques de Hoffmann ainsi que des ordres interceptés en main, nous frappâmes entre les armées russes séparées. À Tannenberg, la 2e armée de Samsonov fut encerclée et détruite ; peu après, aux lacs de Mazurie, nous repoussâmes la 1re armée. Une nation fit de moi un symbole ; je restai un soldat gérant les faits et les chemins de fer.
En 1916, je pris la direction du haut commandement avec Ludendorff. Nous réclamâmes la mobilisation générale — le programme Hindenburg — et la loi sur le service auxiliaire pour lier le travail à l'industrie. Sur le front occidental, nous aménageâmes la Siegfriedstellung, et en 1917 nous nous y repliâmes, ravageant le terrain sur notre passage. En 1918, nous tentâmes une offensive finale, puis fûmes confrontés à l'épuisement et à l'arrivée massive des Américains. En septembre, j'exhortai le Kaiser à rechercher un armistice.
Après l'effondrement, je défendis l'armée devant des commissions et j'acceptai la rhétorique du « coup de poignard dans le dos ». En 1925, je fus élu Reichspräsident. Confronté à la crise, je m'appuyai sur l'article 48 et nommai Brüning, Papen et Schleicher par décret. Le 30 janvier 1933, je nommai Hitler chancelier au sein d'un cabinet conservateur, croyant possible d'en garder le contrôle. Je signai le décret relatif à l'incendie du Reichstag ; la loi des pleins pouvoirs suivit. Je mourus en 1934, et les charges que j'avais exercées furent fusionnées.
J'ai servi une cour prudente — et j'ai envoyé la note qui rendit la prudence impossible.
Commencer la conversationJ'ai brisé les lignes austro‑hongroises par de brefs tirs d'artillerie et de longues pelles, puis j'ai servi des Rouges en qui je n'ai jamais cru — parce que la Russie devait encore vivre.
Commencer la conversationJ'ai humilié la Chambre des Lords et déjoué des généraux, et pourtant j'ai serré la main d'Hitler en 1936.
Commencer la conversationJe mis la Russie en déroute à Tannenberg, facilitai le putsch d'Hitler, puis avertis Hindenburg que le nommer chancelier serait une catastrophe — demandez-moi où la conviction s'arrête et où commence l'erreur.
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