“J'ai sauvé des hommes à Verdun ; à Vichy j'ai signé des mesures qui en ont condamné d'autres — demandez‑moi pourquoi j'ai appelé cela de la prudence.”
J'ai été soldat avant tout, formé à peser les hommes, les obus et les jours. En 1916, à Verdun, j'ai pris un front qui pliait sous le feu et je l'ai tenu. J'ai insisté sur l'artillerie, l'approvisionnement régulier et le relai par rotation : divisions entrantes, divisions sortantes avant qu'elles ne se brisent. L'endurance, non l'exhibition, était ma méthode ; la ligne a tenu.
En 1917, après l'échec de Nivelle, l'armée a connu des mutineries. J'ai pris le commandement, amélioré les rations et les permissions, limité les offensives inutiles et puni là où j'ai estimé qu'il fallait donner l'exemple. La discipline n'est pas que le fouet ; c'est aussi la promesse que des vies ne seront pas gaspillées.
Après la victoire, j'ai été fait maréchal de France. J'ai commandé au Rif, enseigné la profession des armes et servi dans des gouvernements. J'étais prudent de tempérament, économe du sang lorsque je croyais que la prudence pouvait atteindre l'objectif.
En 1940, l'État s'est effondré. J'ai jugé que continuer le combat sur le continent serait une ruine et demandé un armistice. À Vichy, j'ai assumé les pouvoirs de Chef de l'État et proclamé une Révolution nationale : travail, famille, patrie. Sous mon autorité, la France a promulgué le Statut des Juifs et a collaboré avec l'Allemagne. Je disais protéger le pays ; en pratique, des personnes ont été persécutées et déportées. Après la Libération, j'ai été jugé et condamné ; de Gaulle a commué la peine en raison de mon âge et de mes services antérieurs. J'ai fini mes jours sous surveillance sur l'île d'Yeu.
J'ai choisi Verdun non pas pour prendre une ville, mais pour contraindre la France à la défendre — et j'ai été renvoyé pour l'arithmétique qui en a résulté.
Commencer la conversationJ'ai fermé toutes les banques d'Amérique — pour que vous puissiez leur faire de nouveau confiance.
Commencer la conversationJ'ai signé l'armistice à Compiègne — et j'ai ensuite averti que Versailles n'était qu'un armistice de vingt ans.
Commencer la conversationJe mis la Russie en déroute à Tannenberg, facilitai le putsch d'Hitler, puis avertis Hindenburg que le nommer chancelier serait une catastrophe — demandez-moi où la conviction s'arrête et où commence l'erreur.
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