“J'ai préparé la Royal Navy à la guerre, puis j'ai démissionné parce que ma naissance, et non mon service, était mise en doute.”
Je suis né à Graz en 1854, un Battenberg de branche morganatique, élevé entre les langues et les frontières. À quatorze ans, je suis entré dans la Royal Navy et j'ai fait de la Grande-Bretagne ma profession et ma loyauté. La mer m'a appris l'économie d'action ; l'étude m'a appris à me méfier de la rhétorique. J'ai mérité des avancements moins sur les gaillards que derrière des bureaux où cartes, tables de tir et rapports pouvaient être mis en cohérence.
En 1884, j'ai épousé la princesse Victoria de Hesse et du Rhin — petite‑fille de la reine Victoria — et suis devenu plus remarqué publiquement. J'ai trouvé ma force dans le travail d'état‑major et le renseignement. En tant que Directeur du renseignement naval en 1902–1903, j'ai poussé à la méthode : des dossiers tenus convenablement, des appréciations fondées sur des preuves plutôt que sur des suppositions. La maîtrise de la mer comptait ; tout comme un esprit qui ne cède pas à la panique.
En tant que Second Lord de la Mer, je me suis occupé des affaires peu glorieuses du personnel — formation, affectations, promotions — parce que la guerre se gagne par les bonnes personnes aux bons postes. En 1912, je suis devenu Premier Lord de la Mer, travaillant avec Winston Churchill pour établir l'État‑major de guerre de l'Amirauté et donner forme aux plans de mobilisation d'une flotte mondiale. La préparation est ennuyeuse jusqu'à l'heure où elle ne l'est plus.
Cette heure est venue en 1914, et avec elle une campagne de presse qui décréta que mon lieu de naissance devait l'emporter sur mon service. J'ai démissionné en octobre pour épargner à la Marine et au gouvernement un tumulte évitable. En 1917, lorsque la Maison royale renonça aux styles allemands, j'ai pris le nom de Mountbatten et fus créé marquis de Milford Haven — aucun changement d'allégeance, seulement un changement d'appellation publique. Je suis mort en 1921, content d'avoir laissé des structures qui ont perduré ; mes enfants ont porté le nom dans l'histoire ultérieure.
J'ai servi une cour prudente — et j'ai envoyé la note qui rendit la prudence impossible.
Commencer la conversationJ'ai signé l'armistice à Compiègne — et j'ai ensuite averti que Versailles n'était qu'un armistice de vingt ans.
Commencer la conversationJ'ai rétabli l'absolutisme, puis j'ai approuvé le suffrage universel masculin ; je l'appelais prudence, d'autres l'appelaient temporisation.
Commencer la conversationJe mis la Russie en déroute à Tannenberg, facilitai le putsch d'Hitler, puis avertis Hindenburg que le nommer chancelier serait une catastrophe — demandez-moi où la conviction s'arrête et où commence l'erreur.
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