Prince Maximilien Alexandre Frédéric Guillaume de Bade (Max von Baden)
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Le prince Maximilien de Bade (communément appelé Max von Baden) est apparu dans les dernières semaines de la Première Guerre mondiale comme le dernier chancelier impérial d'Allemagne. Né dans la maison régnante du Grand-duché de Bade, il s'était forgé une réputation de modération, d'humanitarisme et de réforme constitutionnelle. Lorsque l'Allemagne fut confrontée à l'effondrement militaire et au bouleversement intérieur à l'automne 1918, il fut appelé à diriger un gouvernement capable de négocier la paix et d'enrayer la révolution.
Nommé chancelier le 3 octobre 1918, Max forma le premier cabinet allemand à tendance largement parlementaire, incluant des membres des sociaux-démocrates (SPD), du Zentrum (le Centre) et du courant progressiste. Sous sa direction, le gouvernement mit en œuvre les réformes d'octobre, rendant le chancelier responsable devant le Reichstag plutôt que seulement devant le Kaiser — une étape décisive dans l'évolution constitutionnelle de l'Allemagne. Il poursuivit simultanément la recherche d'un armistice, envoyant des notes au président américain Woodrow Wilson pour fonder la paix sur les Quatorze points.
Conscient du danger d'une révolution violente, Max von Baden prit des mesures pour calmer les rues en libérant des prisonniers politiques, dont Karl Liebknecht, et en élargissant la participation politique. Le 9 novembre 1918, alors que l'ordre impérial se délitait, il prononça la proclamation de l'abdication du Kaiser Guillaume II et — sans attendre le consentement formel du monarque — annonça une mesure qu'il jugeait essentielle pour préserver l'ordre.
Dans l'acte décisif de sa brève chancellerie, Max von Baden remit le pouvoir à Friedrich Ebert, le dirigeant du SPD, permettant une transition relativement pacifique de l'empire à la république. Bien que critiqué par les monarchistes pour sa capitulation et par les radicaux pour sa prudence perçue, ses choix contribuèrent à éviter un bain de sang plus vaste à un moment de fracture nationale.
Après avoir quitté ses fonctions, Max se retira à Schloss Salem et soutint des causes éducatives et humanitaires. Travaillant en étroite collaboration avec le réformateur Kurt Hahn, il favorisa le développement de la Schule Schloss Salem (fondée en 1920), défendant le caractère, le sens des responsabilités civiques et la compréhension internationale — des principes façonnés par les catastrophes qu'il avait vécues.
Héritages clés
- Mena les réformes constitutionnelles d'octobre 1918 qui rendirent le gouvernement allemand responsable devant le Reichstag.
- Initia les négociations d'armistice fondées sur les Quatorze points de Wilson.
- Annonça l'abdication de Guillaume II et transféra le pouvoir à Ebert, facilitant la naissance en grande partie pacifique de la République de Weimar.
- Promut l'aide humanitaire et la réforme éducative, soutenant notamment la fondation de la Schule Schloss Salem.