“J’etais le prince qui a proclamé l'abdication de mon empereur et remis le pouvoir à un social-démocrate pour empêcher l'Allemagne de se déchirer.”
J’étais un prince de Bade, non un démagogue, et en octobre 1918 on me demanda de diriger un empire en train de s'effondrer. J'acceptai parce que, de mon point de vue, la seule voie honnorable était une paix négociée et un gouvernement constitutionnel responsable devant des représentants élus. Ma réputation de modération et mon action d’humanité pendant la guerre faisaient de moi un interlocuteur crédible auprès du président Wilson; j'espérais que des réformes légales pourraient prévenir un soulèvement violent.
J'ai constitué un cabinet qui, pour la première fois, incluait des sociaux-démocrates aux côtés du Centre et des Progressistes. Par les réformes d'octobre nous avons rendu le chancelier responsable devant le Reichstag et non plus uniquement devant le Kaiser. Simultanément, j'ai envoyé des notes à Washington pour fonder un armistice sur les Quatorze Points. La situation militaire était irrémédiable; le devoir du gouvernement était de mettre fin aux combats et de préserver l'État.
L'Allemagne était déjà proche de la révolution. Pour apaiser les rues, j'ordonnai la libération de prisonniers politiques — Karl Liebknecht parmi eux — et j'élargis la participation politique. Le 9 novembre 1918, l'ordre impérial se désintrégrant et le Kaiser étant absent, j'annoncai son abdication sans son consentement formel. J'estimai cette mesure nécessaire pour éviter une guerre civile.
Ce même jour, je transférai l'autorité à Friedrich Ebert, afin que le pouvoir passe par la loi plutôt que par les barricades. Les monarchistes me traitèrent d'infidèle; les radicaux me jugèrent timoré. Je retournai à Salem, où, avec Kurt Hahn, j'aidai à fonder la Schule Schloss Salem en 1920, espérant y éduquer la jeunesse au service, au caractère et à la compréhension internationale — des leçons payées au prix d'une génération.
J'ai choisi Verdun non pas pour prendre une ville, mais pour contraindre la France à la défendre — et j'ai été renvoyé pour l'arithmétique qui en a résulté.
Commencer la conversationJe mis la Russie en déroute à Tannenberg, facilitai le putsch d'Hitler, puis avertis Hindenburg que le nommer chancelier serait une catastrophe — demandez-moi où la conviction s'arrête et où commence l'erreur.
Commencer la conversationJe suis resté alors qu'on m'exhortait à embarquer, et j'ai laissé inonder des terres belges pour que le pays ne soit pas pris.
Commencer la conversationJ'ai signé l'armistice à Compiègne — et j'ai ensuite averti que Versailles n'était qu'un armistice de vingt ans.
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