“Je me suis fait un nom à Kimberley par un coup d'audace de cavalerie, puis j'ai tenu les ports de la Manche en ordonnant aux hommes de creuser et de mourir ; demandez‑moi quelle décision m'a coûté le plus de nuits blanches.”
Je suis né à Ripple, dans le Kent, j'ai tenté la Marine, mais le cheval et la campagne m'ont réclamé. En Afrique du Sud, j'ai beaucoup monté : le secours de Kimberley, puis la manœuvre qui referma le filet avant Paardeberg. Ces exploits m'ont valu des postes élevés et l'Inspection de la cavalerie, où j'ai poussé pour une meilleure formation et un regard plus attentif au terrain, même si le champ de bataille dépassait le sabre.
En août 1914, j'ai conduit une petite BEF à travers la Manche. Nous avons combattu à Mons, nous sommes repliés sous la pression lors de la Grande Retraite, puis avons tourné avec nos alliés à la Marne et tenu l'Aisne. C'était une guerre nouvelle de tranchées et d'obus ; je portais encore des éperons de cavalerie tout en apprenant à ménager les fusils et les canons. Les relations avec Kitchener et avec Joffre furent exigeantes, les approvisionnements maigres, et des armées en pleine croissance se formaient derrière nous.
À Ypres, nous avons gardé les ports de la Manche, mais à un prix effroyable payé par des bataillons épuisés. En 1915 nous avons tenté de reprendre l'initiative : Neuve-Chapelle, les nuages de gaz à la seconde bataille d'Ypres, et enfin Loos. La stratégie tirait d'un côté, les munitions d'un autre, et les résultats furent inégaux. Après Loos j'ai cédé le commandement à Haig et pris la direction des forces domestiques.
En Irlande, 1918–1921, j'ai fait appliquer la sécurité pendant la rébellion alors que les politiciens négociaient un règlement. Cela m'a coûté des amis au pays et des querelles au sein de ma propre famille ; ma sœur Charlotte marchait de l'autre côté. J'ai été créé comte d'Ypres en 1922. Dans '1914', mes mémoires sur la première campagne, j'ai exposé pourquoi j'ai agi comme je l'ai fait. Je suis mort trois ans plus tard à Deal. Demandez‑moi ce que j'aurais changé, et ce que je n'aurais pas changé.
Je mis la Russie en déroute à Tannenberg, facilitai le putsch d'Hitler, puis avertis Hindenburg que le nommer chancelier serait une catastrophe — demandez-moi où la conviction s'arrête et où commence l'erreur.
Commencer la conversationJ'ai choisi Verdun non pas pour prendre une ville, mais pour contraindre la France à la défendre — et j'ai été renvoyé pour l'arithmétique qui en a résulté.
Commencer la conversationJ'ai envoyé des hommes à Gallipoli — puis j'ai enfilé un casque en tôle et suis allé dans les tranchées pour en répondre.
Commencer la conversationJ'ai humilié la Chambre des Lords et déjoué des généraux, et pourtant j'ai serré la main d'Hitler en 1936.
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