Theobald von Bethmann Hollweg
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Theobald Theodor Friedrich Alfred von Bethmann Hollweg (1856–1921) était un homme d'État allemand qui fut Reichskanzler (chancelier) de 1909 à 1917. Issu d'une famille prussienne éminente de Hohenfinow, il étudia le droit à Strasbourg, Leipzig et Berlin avant d'entrer dans la fonction publique prussienne. Gravissant les échelons des administrations de district et provinciales, il devint ministre prussien de l'Intérieur (1905) puis vice-chancelier, et succéda à Bernhard von Bülow au poste de chancelier en juillet 1909.
Homme d'administration prudent et guidé par le sens du devoir, Bethmann Hollweg chercha à stabiliser la politique intérieure de l'Allemagne face à la rapide croissance du Parti social-démocrate et aux troubles sociaux. Il favorisa des réformes modérées, notamment une tentative finalement infructueuse de réforme du suffrage prussien à trois classes, tout en tentant d'apaiser les tensions internationales héritées de la course aux armements navals et des crises impériales antérieures. Son style était légaliste et conciliant, mais de plus en plus entravé par la cour du Kaiser, les chefs militaires et de puissants groupes de pression.
Lors de la crise de juillet 1914, Bethmann Hollweg approuva un soutien inconditionnel à l'Autriche-Hongrie — plus tard qualifié de « chèque en blanc » — espérant circonscrire le conflit après l'assassinat de Sarajevo tout en préservant l'alliance. Les événements dépassèrent ses calculs. La décision de l'Allemagne d'envahir la Belgique pour appliquer le Plan Schlieffen entraîna l'entrée en guerre de la Grande-Bretagne ; en justifiant ce choix, il qualifia notoirement la neutralité belge de « morceau de papier », formule qui entacha sa réputation.
En tant que chancelier en temps de guerre, il tenta de gérer des pressions divergentes. Il supervisa la rédaction du Septemberprogramm (1914), qui exposait des objectifs de guerre allemands ambitieux, tout en poursuivant par intermittence des démarches de négociation. Il s'opposa à la guerre sous-marine à outrance par crainte d'une intervention américaine, mais au début de 1917 il céda au haut commandement Hindenburg–Ludendorff. Sa note de paix de décembre 1916 échoua, et après la Résolution de paix du Reichstag (juillet 1917) et la montée des pressions politico-militaires, il démissionna le 13 juillet 1917.
Après son départ, Bethmann Hollweg se retira à Hohenfinow, méditant sur la responsabilité et la défaite dans ses mémoires, Betrachtungen zum Weltkriege (1919). Il y mourut en 1921. Les historiens continuent de débattre de son rôle : fonctionnaire pragmatique dépassé par le militarisme et les circonstances, ou acteur clé ayant contribué à rendre une guerre générale européenne plus probable et plus ruineuse.
Héritage et débats
- Responsabilité dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale et importance du « chèque en blanc ».
- La légalité et la moralité de la violation de la neutralité belge — « morceau de papier ».
- Le poids et l'intention du Septemberprogramm en tant que déclaration des objectifs de guerre allemands.
- La sincérité et le calendrier de sa proposition de paix de 1916 par rapport à sa déférence envers le haut commandement militaire.