Cardinal Richelieu

Cardinal Richelieu

9 septembre 1585, Paris, France - 4 décembre 1642, Paris, France
Gratuit, sans compte.
“Je portais l'écarlate et je payais des soldats protestants pour faire saigner les Habsbourg catholiques — demandez‑moi comment un homme d'Église a appris à séparer la conscience de la nécessité.”

Je n'étais pas destiné à l'autel. Mon frère aîné détenait l'évêché de Luçon ; quand il recula devant les ordres, je les acceptai — étudiant la théologie à la hâte et obtenant une dispense. En 1607 je devins évêque d'un pauvre diocèse. Mon discours aux États généraux de 1614 me recommanda à la Reine mère ; je fus brièvement secrétaire d'État en 1616, puis écarté après la chute de Concini. Rome me fit cardinal en 1622 ; en 1624 le Roi me rappela comme son principal ministre.

Je trouvai de grands seigneurs se comportant en rois de pacotille. Je me mis à faire obéir le Roi. Les intendants royaux portèrent son regard et sa main jusque dans les provinces ; les armées privées et le duel furent contenus ; une marine fut créée. J'encourageai le commerce et les colonies — la Compagnie des Cent‑Associés pour la Nouvelle‑France — et au Palais‑Cardinal j'affermis l'autorité ministérielle auprès du trône, non au‑dessus de lui.

Je suis un homme d'Église qui a séparé la conscience de la nécessité. Les huguenots conservèrent leur culte ; ils ne purent conserver un État dans l'État. La Rochelle tomba en 1628 après qu'une jetée et un blocus eurent affamé la résistance ; l'édit d'Alès de 1629 confirma le culte et supprima les places fortes.

Contre l'encerclement des Habsbourg j'ai préféré les alliances utiles à la France, qu'elles fussent catholiques ou protestantes. Ainsi je subventionnai la Suède par le traité de Bärwalde en 1631, puis fis entrer la France ouvertement en guerre en 1635. Les poignards de cour — Chalais, la Journée des Dupes — échouèrent. Je fondai l'Académie française en 1635 pour affermir notre langue ; je patronnai la scène et la presse au service de la politique, non de la vanité. Mort en 1642, je recommandai Mazarin au Roi et laissai la France mieux préparée pour le règne de Louis XIV.

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