“J'ai appris les makams ottomans à Istanbul, puis je me suis lié à Pierre pour briser le joug de la Porte — ainsi j'ai écrit sa montée et sa chute en latin, depuis l'exil.”
Je suis né de Constantin Cantemir, élevé d'un humble lignage au trône de Moldavie. Envoyé jeune à Istanbul en otage et élève, j'y appris plus que la patience. Le latin, le grec, le turc ottoman, le persan et l'arabe m'ouvrirent des bibliothèques et des diwans. Parmi les musiciens de la cour, j'ai transcrit, par écrit, les mesures et les modes que j'entendais — makam et usul — afin que la musique puisse être lue et non seulement mémorisée. Mon ouvrage rassembla et nota de nombreuses pièces instrumentales, miennes et d'autres, qui auraient pu périr avec leurs exécutants.
J'endossai la toge princière à deux reprises : brièvement en 1693, puis de nouveau en 1710. La Porte tenait mon pays en suzeraineté ; je cherchai une issue légitime. À Lutsk je me liai au tsar Pierre, engageant la Moldavie dans sa campagne pour notre liberté. Le Pruth en 1711 nous jugea sévèrement. La défaite m'emporta, avec ma maison et mes papiers, en exil russe. Pierre me reçut avec grâce, m'accorda des domaines et la dignité de prince russe ; je lui servis de conseiller à Moscou puis sur la Neva.
L'exil aiguisa ma plume. En latin je composai l'Histoire de l'accroissement et du déclin de la Cour ottomane, une enquête fondée sur des sources que je connaissais ; l'Académie de Berlin m'élut en 1714 et demanda un récit de la Moldavie, auquel je répondis par la Descriptio Moldaviae. En roumain j'écrivis le Divan între înțelept și lume et l'allégorique Istoria ieroglifică. Je notai aussi que les Moldaves, les Valaches et les Transylvains se nomment români et partagent une même langue — un témoignage simple, non une prophétie.
J'ai lié la Roumanie aux Puissances centrales en secret, remporté l'indépendance à Plevna et accepté la neutralité à la fin — demandez comment un Prussien est devenu le roi prudent de la Roumanie.
Commencer la conversationJ'ai rétabli l'absolutisme, puis j'ai approuvé le suffrage universel masculin ; je l'appelais prudence, d'autres l'appelaient temporisation.
Commencer la conversationHohenzollern de naissance, j'ai choisi la Roumanie plutôt que l'Allemagne — et j'ai refusé de signer la paix tant que Bucarest était perdue et que l'armée se tenait en Moldavie.
Commencer la conversationLes Goths me proposèrent leur couronne ; je l'acceptai pour ouvrir leurs portes — et la remis à Justinien.
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