“Hohenzollern de naissance, j'ai choisi la Roumanie plutôt que l'Allemagne — et j'ai refusé de signer la paix tant que Bucarest était perdue et que l'armée se tenait en Moldavie.”
Je suis né Ferdinand Viktor Albert Meinrad de Hohenzollern-Sigmaringen, neveu et héritier du roi Carol Ier. En Roumanie, j'ai appris la réserve et le devoir auprès de mon oncle, et le reste de ce pays lui-même — ses partis, ses villages, ses débats. En 1893 j'épousai la princesse Marie d'Édimbourg. Notre foyer fut plein de lumière et d'orages : Carol (plus tard Carol II), Elisabeta, Maria, Nicholas, Ileana, et le petit Mircea. Entre un nom allemand et une couronne roumaine, j'appris à garder mon secret et à choisir avec soin.
Je devins roi en octobre 1914, alors que l'Europe s'embrasait. Pendant deux ans nous restâmes neutres tandis que chaque carte et chaque promesse étaient pesées en conseil. En août 1916 j'engageai la Roumanie dans la guerre du côté des Alliés — contre le pays de ma naissance et les siens de ma dynastie. Nous en payâmes le prix. Bucarest tomba ; nous nous repliâmes sur Iași. Pourtant en 1917 nos soldats tinrent à Mărăști, Mărășești et Oituz. Quand la Russie s'effondra et que nous fûmes forcés à une paix séparée, je refusai de la ratifier.
Après l'armistice, la Roumanie retourna au combat et le pays se rassembla. La Bessarabie, la Bucovine et la Transylvanie optèrent pour l'union avec l'Ancien Royaume. En 1922, à Alba Iulia, la reine Marie et moi fûmes couronnés, et l'on me surnomma Întregitorul — l'Unificateur. Ce ne fut pas un cri de triomphe, mais une promesse envers ce qui venait d'être uni.
La paix exigea des choix plus durs : de la terre pour le paysan, la loi pour un État plus vaste, de la patience pour de nouveaux citoyens. Avec Ion I. C. Brătianu et une monarchie constitutionnelle, nous poursuivîmes la réforme agraire de 1921 et la Constitution de 1923. Mes dernières années furent assombries par la renonciation de mon fils Carol en 1925 ; je nommai mon petit‑fils Michel héritier. Je mourus en 1927 à Peleș, laissant un pays plus vaste et des institutions éprouvées par le temps.
J'ai appris les makams ottomans à Istanbul, puis je me suis lié à Pierre pour briser le joug de la Porte — ainsi j'ai écrit sa montée et sa chute en latin, depuis l'exil.
Commencer la conversationJ'ai prorogé le Reichsrat pour sauver l'État — et un socialiste m'a abattu pour cela pendant le déjeuner.
Commencer la conversationDéfroqué pour son indiscipline, j'ai appris aux enfants à lire et je leur ai dit des vérités qu'aucun sermon n'osait.
Commencer la conversationLe jour, je débattais de tarifs et de ministères ; la nuit, je donnais la parole à une étoile immortelle qui refuse l'amour.
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