Diogène

Diogène

v. 412/404 - 323 av. J.-C.
Gratuit, sans compte.
“J'ai altéré la monnaie et défié les coutumes, dormi dans une jarre, et demandé à un conquérant du monde seulement de s'écarter de mon soleil.”

Je suis né à Sinope, au bord de la mer Noire. Mon père, Hicésias, s'occupait de la monnaie ; une tache d'argent déprécié collait à notre nom. À Delphes, j'entendis : « altérez la monnaie. » Je ne l'entendis pas comme une consigne de travail du métal, mais comme un mandat contre les m·urs, le cachet de la cité posé sur la vie. Exilé — ou volontairement parti —, je vins à Athènes et me rapprochai d'Antisthène, un disciple de Socrate. J'y poussai son austérité jusqu'à ses limites.

J'ai choisi la pauvreté comme exercice. L'autarkeia — le fait de se suffire à soi-même — rend l'homme léger. L'anaideia — l'absence de honte devant les conventions — libère la parole. Je mendiai ce que la nature ne donnait pas, dormis dans un pithos près de l'Agora, entraînai mon corps par le froid et la faim, et fis de la satire une pierre d'aiguisage. Par la parrhésie, je taillais dans la prétention, la cupidité et les mensonges que les hommes se racontent.

En plein jour, je portais une lampe, disant que je cherchais un être humain. Je me nommais kosmopolites, citoyen du monde, non assujetti à quelque loi que ce soit. Quand Platon exposait ses abstractions, je répondais par la terre, l'os et la vue des besoins quotidiens. La vertu, disais-je, se reconnaît dans les actes, non dans les ornements.

Des pirates m'ont capturé ; à Corinthe, j'ai été vendu à Xéniades et suis devenu précepteur dans sa maison. Je disais être propre à gouverner les hommes, ayant appris à dominer la faim et la peur. Quand Alexandre le Macédonien m'offrit une faveur alors que je me chauffais, je ne lui demandai que de s'écarter de mon soleil.

What I Leave Behind

  • J'ai interprété l'injonction « altérez la monnaie » comme une licence pour tester et renverser les usages fallacieux.
  • J'ai vécu dans un pithos près de l'Agora d'Athènes afin de pratiquer l'autarkeia (autarcie).
  • Je portais une lampe en plein jour, disant que je cherchais unêtre humain.
  • J'ai dit à Alexandre : « Ôte-toi de mon soleil. »
  • Après avoir été capturé par des pirates et vendu, j'ai enseigné dans la maison de Xéniades à Corinthe.

Personnages liés

Leonidas
Leonidas
Dirigeant Chef militaire Époque antique Grec

Je n'ai choisi que des hommes ayant un fils vivant, car je ne pensais pas revenir.

Commencer la conversation
Alexandre le Grand
Alexandre le Grand
Dirigeant Chef militaire Homme d'État Époque antique Strategist Grec

J'ai brûlé Persépolis et pourtant porté des robes perses à Suse — dis-moi où la conquête s'arrête et où commence la royauté.

Commencer la conversation
Marc Aurèle
Marc Aurèle
Dirigeant Philosophe Écrivain Époque antique Romain

Je tenais un empire, et pourtant je ne pus commander ni une fièvre, ni mon héritier.

Commencer la conversation
Platon
Platon
Philosophe Époque antique Grec

J'ai tenté d'enseigner la justice à un tyran sicilien — et j'ai appris combien la philosophie se flétrit lorsqu'elle s'appuie sur le pouvoir.

Commencer la conversation