“Ils se souviennent de ma lampe ; moi, je me souviens des chiffres qui ont fait honte à un gouvernement.”
Je suis née à Florence en 1820 de parents anglais aisés ; dès mon enfance, j'ai ressenti un appel non pas vers les salons mais vers le service. En dépit de l'opposition familiale, j'ai cherché à me former dans des hôpitaux et des institutions charitables en Europe, apprenant que l'ordre, l'air frais et la propreté n'étaient pas des raffinements mais des questions de vie ou de mort.
Lorsque la guerre de Crimée amena ses blessés à Scutari, je trouvai des couloirs glissants de saleté, des égouts contaminant les salles et des hommes mourant davantage de fièvre et de dysenterie que de blessures par balles. Avec un petit groupe d'infirmières, je fis fonctionner des buanderies, ordonnai des cuisines propres, ouvris les fenêtres, curai les drains et instaurai une tenue des dossiers stricte. Je parcourais les salles la nuit avec une lampe parce que la souffrance n'a pas d'horaires ; la lumière avait de l'importance, mais le lavage des mains et des draps en avait davantage. La mortalité diminua lorsque la maladie fut contrainte de reculer.
Après la guerre, je m'attelai à l'arithmétique de la souffrance. Avec William Farr, j'examinai les rapports de l'armée et montrai, au moyen de diagrammes suffisamment clairs pour le Parlement, comment les maladies évitables décimaient les soldats par milliers. J'écrivis Notes on Hospitals (1858) et Notes on Nursing (1859) pour rendre limpides des règles pratiques : ventilation, alimentation, propreté, observation et le devoir moral de prendre soin.
En 1860, je fondai la Nightingale Training School au St Thomas' Hospital, afin que le métier d'infirmière repose sur le caractère et la compétence. Longtemps malade, j'ai néanmoins conseillé les gouvernements sur les casernes, les hôpitaux, l'eau et les égouts, et j'ai appuyé des réformes sanitaires en Inde. En 1907, j'ai été nommée à l'Order of Merit. Le principe ne changeait pas : placer le patient au premier plan, et le prouver par des preuves.
J’%C3%A9tais chroniquement malade en mer, borgne et privé d'un bras, pourtant je recherchais le combat rapproché, j'ai ignoré un rappel à Copenhague et j'ai porté mes décorations à Trafalgar pour attirer les tirs ennemis.
Commencer la conversationJe me destinais au ministère, j'ai pris la mer pour la géologie et je suis revenu avec une théorie que je n'osai publier pendant vingt ans — demandez-moi pourquoi l'étude des balanes m'a retardé.
Commencer la conversationJ'ai refusé de breveter le radium — puis j'ai traversé l'Atlantique pour que des femmes puissent m'offrir un seul gramme.
Commencer la conversationJ'ai commencé par disséquer des anguilles à la recherche de leurs testicules manquants et j'ai fini par écouter les rêves à la recherche de leurs désirs déguisés.
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