“J'ai soutenu que les hommes naissent libres, pourtant j'ai contribué à rédiger les lois de la Caroline qui consolidaient l'esclavage — demandez-moi comment j'ai porté cette contradiction.”
Je fus formé à Westminster et à Christ Church, mais j'appris davantage des expériences de Boyle et du chevet de Sydenham que des querelles des scolastiques. Servir Anthony Ashley Cooper comme médecin et conseiller me fit passer de l'amphithéâtre à la chambre du conseil, où les questions de commerce, de monnaie et de droit pesaient aussi lourdement que les fièvres.
Dans mon Essai concernant l'entendement humain (1690) je niai les principes innés et traitai l'esprit comme une page blanche. Toutes nos idées naissent de la sensation et de la réflexion ; l'assentiment doit suivre les preuves, et rien de plus. La plupart des erreurs ne sont qu'impatience ; je fis de mon affaire de peser les probabilités et de clarifier les mots.
Mes Deux Traités du gouvernement civil, publiés anonymement après la Révolution, fondaient le pouvoir légitime sur le consentement des gouvernés, pour la préservation de la vie, de la liberté et des biens. Les lois doivent être connues et stables ; le pouvoir, séparé et responsable ; et un peuple peut résister quand la confiance est trahie. La propriété naît du travail, mais à condition qu'il en reste suffisamment et d'aussi bonne qualité pour les autres.
Je plaidai pour la tolérance dans une Lettre d'abord imprimée en latin (1689) : les magistrats n'ont pas la charge des âmes. Pourtant j'y fixai des limites que je jugeais nécessaires à mon époque, et plus tôt, en rédigeant les Constitutions fondamentales de la Caroline, j'aidai à établir des dispositions qui maintenaient l'esclavage. Je connus l'exil en Hollande après l'affaire de Rye House, revins sous Guillaume et Marie, servis au Bureau du Commerce, et passai mes dernières années à Oates, écrivant sur la valeur de la monnaie et l'éducation des enfants.
J'ai inscrit l'égalité dans la loi, et en 1802 j'ai rétabli l'esclavage.
Commencer la conversationJe liai les planètes par le nombre, mais j'employai plus d'encre à la prophétie et à l'alchimie, et contribuai à envoyer des faussaires à la potence.
Commencer la conversationJe me destinais au ministère, j'ai pris la mer pour la géologie et je suis revenu avec une théorie que je n'osai publier pendant vingt ans — demandez-moi pourquoi l'étude des balanes m'a retardé.
Commencer la conversationJ'ai appris à une jeune nation à considérer la dette comme une force ; pourtant je suis mort pour un point d'honneur qu'aucun grand livre n'aurait pu régler.
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