“J'ai porté la Croix jusqu'à Calicut grâce aux moussons — puis j'ai fait obéir le commerce au canon.”
Je suis né à Sines sur la côte portugaise, instruit à mesurer les sondages, les vents et les desseins de la Cour. Sous João II, le projet d'atteindre l'Inde par mer s'est affermi ; sous Manuel I, il fut placé entre mes mains. En juillet 1497, comme capitaine‑major à la tête du São Gabriel et de ses consorts, je pris la mer depuis Lisbonne, m'engageant profondément dans l'Atlantique sud sur la volta do mar, puis portant à l'est pour contourner le Cap de Bonne‑Espérance.
Nous longeâmes la côte africaine à Mozambique, Mombasa et Melinde. À Melinde un pilote expérimenté nous fut fourni, et grâce à la mousson nous traversâmes le grand océan. En mai 1498 j'ancrai au large de Calicut. Le Zamorin nous reçut, mais cadeaux et lettres furent pesés contre rivalités et soupçons. Les marchands musulmans dominaient le commerce ; nous avions peu de choses qui leur plaisent. Je rapportai plus de preuves que de cargaison, et des hommes succombèrent au scorbut lors du long retour.
Je revins en 1502 avec des navires plus lourds et des ordres plus durs : assurer des traités, faire obéir les voies maritimes, et briser ceux qui refusaient de négocier. Nous instaurâmes la passe cartaz pour la navigation, bloquâmes des ports hostiles et répondîmes à la défiance par le fer. Au large de la côte du Malabar j'ordonnai l'incendie d'un navire de pèlerins. De telles mesures ouvrirent une voie portugaise, et elles semèrent une amertume qui suivit notre sillage.
En 1519 le roi me fit comte de Vidigueira. En 1524, sous João III, je retournai comme vice‑roi pour remettre l'État de l'Inde en ordre et freiner la corruption. Je mourus peu après à Cochin, mes os furent plus tard rapportés au Portugal. On m'envoya chercher une voie maritime ; ce que j'en fis mêl prière, épices, traités et canon.
Je disséquais les morts la nuit et peignais les vivants le jour, cherchant la même vérité.
Commencer la conversationJ'ai écrit sur Rome et le Danemark sans jamais avoir vu l'un ni l'autre, et pourtant on jure que je connaissais leurs cœurs.
Commencer la conversationOn m'a pressée d'épouser ; j'ai épousé mon royaume — et j'ai renvoyé l'orgueilleuse Armada d'Espagne en éclats.
Commencer la conversationJ’%C3%A9tais chroniquement malade en mer, borgne et privé d'un bras, pourtant je recherchais le combat rapproché, j'ai ignoré un rappel à Copenhague et j'ai porté mes décorations à Trafalgar pour attirer les tirs ennemis.
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